pan-OR-amiques
Vue sur la littérature d'ici ou d'ailleurs, à la recherche de petites pépites à partager!
26 avril 2012
Royaumes et voyages
Le tome 2 de Vango de Timotée de Fombelle a tenu toutes ses promesses: des rebondissements, des sentiments, des voyages, du suspense!
Nous retrouvons Vango pourchassé, la charmante Ethel, la taupe, le méchant vendeur d'armes passé maitre du déguisement, etc. La seconde guerre mondiale bat son plein. Rien ne va plus!
Un texte facile d'accès, amusant, et qui n'est pas sans rappeler les Dumas ou autres Leblanc.
Un livre à offrir aux jeunes et aux moins jeunes, curieux d'aventures et d'escalades!
De New York à Paris, en passant par l'Écosse ou l'Italie, vous ne serez pas déçus du voyage!
17 avril 2012
Imbroglio

Dans cette bande dessinée, Guy Delisle nous emmène comme à l'accoutumé découvrir la vie quotidienne dans des zones pas simples politiquement. J'avais été vraiment touchée par son style de reportage en B.D. qui permet de voir dans les détails des jours qui passent toute l'histoire, la politique et les tensions sociales des lieux instables qu'il côtoie.
Pour cette chronique, on est marqué par les difficultés de tous les jours, les check-points, les embouteillages, les détours, les contrôles, les restrictions alimentaires en tout genre. On est rappelé aux terribles incompréhensions entre les peuples et leurs conséquences (le mur, la propagande, etc.)
Avec sa joyeuse naïveté, on s'attache à lui et à sa petite famille, qui s'adapte à toutes les circonstances.
Un livre à lire pour essayer de comprendre ce que peut être le vécu des gens là-bas, autrement que par les images des reportages du 20h.
Un livre qui essaie de rendre compte au plus juste des décalages de perceptions, des jeux de pouvoirs et des craintes des populations au quotidien.
Un beau travail de reporter, témoin, croqueur d'anecdotes révélatrices.
J'aime sa capacité d'étonnement, la sincérité avec laquelle il décrit aussi ses moments difficiles d'exaspération, de frustration, et enfin la bonne distance qu'il arrive à avoir avec ce qui l'entoure.
A quand le prochain tome?
12 avril 2012
V comme... Vango!

C'est une grande épopée qui donne à voir l'Europe au XXe siècle. Tout commence dans les îles éoliennes, où Vango s'échoue avec sa nourrice tout jeune enfant. Un mystère entoure sa naissance... et cela se comprend très vite d'autant qu'il est pourchassé de toutes parts par des hommes mystérieux.
On l'accuse de meurtre, on s'en prend à ses proches... Qui est donc Vango, cet escaladeur de génie, amoureux de la nature, et curieux des autres?
L'écriture est inspirée: elle mêle des hirondelles à des commissaires si mauvais qu'ils font rires. Elle crée des histoires de violette qui donne espoir... des châteaux... des vols en dirigeables... des îles où se cachent des monastères mystérieux...
Au début, on peut être dérouté car on saute de pays en pays, de personnages à d'autres, sans trop comprendre les liens. Puis tout s'éclaire, se noue... des ennuis des uns avec la Gestapo, au manoir écossais des autres!
C'est un hymne à ceux qui osent s'indigner et se battre pour leurs valeurs, même au milieu de la tyrannie.
C'est un ode à la fidélité à soi et aux autres.
Bonne nouvelle, il y a un tome II!
Pourvu que l'aventure continue encore longtemps!
Un livre à conseiller à ceux qui ont aimé Harry Potter de J.K. Rowlings ou Northern lights de Pulman.
Un livre pour ceux qui aiment être emportés par de belles histoires, avec des héros qui font rêver!
Libellés :
Littérature française,
romans de monastère
03 avril 2012
Une petite rose de printemps

L'auteur est islandais, mais rien à voir avec la dureté des polars du coin!
C'est une sorte de Road movy. On suit un jeune homme de 22 ans, qui quitte son pays pour aller s'occuper d'un vieux jardin d'un monastère connu et reconnu pour ses roses, en tout genre. En chemin il fait des rencontres, il pense à ses parents, à sa vie, etc. Ça a l'air banal et à la fois singulier. C'est sûrement un des secrets du succès de ce roman, dont je ne veux pas vous en dire plus pour vous laisser la surprise de la découverte.
C'est un roman délicat et tendre sur le devenir père, sur les jardins, les moines et les vieux films. On s'attache aux personnages du père, du frère, de la mère,... On aime écouter les dialogues entre un des frères et le héros sur la mort, le corps, l'amour, à l'aune du cinéma!
Les chapitres sont courts. Le quotidien est juste comme il faut pour nous prendre avec lui.
Un roman à lire absolument.
Libellés :
Littérature islandaise,
romans de monastère
01 avril 2012
Tome 3...

Murakami nous fait basculer avec une extrême facilité dans un monde de normalité et d'attente, où tout finit par être extraordinaire. Il n'y a rien que des êtres qui se cherchent, dans une lenteur singulière des jours qui passent, et pourtant tout est magique et curieux.
"Je vais tâcher de ne pas penser à des choses inutiles, songea Ushikawa. Je vais m'endurcir, me façonner une cuirasse, et laisser simplement un jour succéder à un autre. Je ne suis qu'une machine. Une machine efficace, constante, insensible. Par l'une de ses ouvertures, j'aspire le temps neuf puis, ce vieux temps une fois transformé, je le recrache par une autre ouverture. La raison d'être de cette machine est son existence même. Il devait revenir à ce cycle pur et naturel."
Haruki Murakami interroge la temporalité. Pourquoi serait-elle forcément linéaire? Le temps est bien plus que nos chronologies...
Un roman qui questionne aussi nos souvenirs, le rapport à notre histoire, et aux filiations. Qu'est ce qu'être mère, fille, fils?
Des personnages curieux ponctuent le récit, comme ce Monsieur de la NHK, qui fait du porte à porte pour vérifier que les personnes paient bien la redevance télé? Un fantôme? un être réel? notre mauvaise conscience?
Je ne vous en dirais pas plus, je ne ferais que vivement vous recommander de lire ce roman... dont je ne suis pas sûre que le tome 3 en marque la fin.
Vivement Murakami prix nobel de littérature!
20 mars 2012
Suite...
Alors, je suis passée par la bibliothèque, et j'ai commencé l'exploration! Ça donne deux découvertes très différentes:
Pachyderme de Frederik Peeters. Une BD qui se passe en Suisse dans l'immédiat après guerre. On suit une jeune femme un peu perdue au milieu d'une histoire d'accident de voiture et d'agents secrets... Avec bien sûr un éléphant, mais je ne vous en dis pas plus. C'est très fantasmagorique. Les images en plans subjectifs sont riches, vivement colorées. Entre rêve et réalité, l'auteur joue habilement avec la temporalité et la mise en récit. On se laisse prendre...

La beauté à domicile de Jean-C. Denis. Une BD qui décortique avant tout les histoires de coeur, les relations humaines, les petits mensonges et les grandes vérités. C'est surtout l'histoire d'un mystère prénommé Angela et que deux hommes tentent de comprendre pas à pas. L'un est chauffeur de taxi au black, l'autre est ostéo. Chacun son histoire et son regard sur cette mystérieuse intrigante. Ça sent le vécu, les prises de têtes et les coups de gueule.

Je vais continuer l'exploration!
Et n'hésitez pas à me recommander vous aussi vos coups de coeur B.D.!
15 mars 2012
De l'humain en barre...

Etienne Davodeau ne connait pas trop le travail du vin et son ami vigneron ne connait pas trop la bande dessinée. Les voilà partis dans l'aventure d'une initiation mutuelle et dans la réalisation d'un livre où se croisent découvertes des vins et des B.D sous le crayon d'Etienne Davodeau.
Ce qui m'a le plus touchée, je pense, est le coeur que ces deux là mettent à l'ouvrage; On sent la passion, l'enthousiasme, la persévérance, l'envie. Par ailleurs, j'aime la franchise que dégage le récit. Si on n'aime pas, on le dit, et c'est tant mieux, qu'il s'agisse d'un vin ou d'une bande dessinée. Et puis on finit par se prendre au jeu de découvrir avec eux deux filières celle du vin et de l'édition de B.D.. J'ai couru à la bibliothèque hier soir emprunter les bandes dessinées lues au cours de l'initiation racontée dans le livre, et mon caviste ne paie rien pour attendre!
Je crois que ce qui me plait aussi, c'est ce désir d'apprendre, cette curiosité, qui est le moteur de la narration. On aimerait que cela continue, toujours.
Enfin, les rencontres qui marquent le récit, sont fortes, profondes, et elles donnent envie d'aller vers l'autre pour en appréhender son mystère.
Quant au dessin, il est assez simple, épuré, du noir et blanc. Il est humain, quand Etienne Davodeau se plaint de ne pas réussir à dessiner son copain qui vient de se raser la barbe! Il est touchant quand on voit nos deux héros contempler des vignes dans le Jura. Je me suis attardée sur cet encart là en haut de page car je pense que l'on peut chercher à contempler n'importe quel sujet d'expertise comme Etienne Davodeau nous montre ce paysage: avec intensité, avec finesse, en l'englobant dans une bienveillance critique.
Et bien sûr, que de joie de retrouver deux héros de la B.D. le photographe qui est parmi mes préférées...
Bref, on se sent à la maison, on se sent bien entouré... De la douceur et du sens dans un monde de brutes désorientées.
C'est un livre que j'ai envie de conseiller à tout le monde. Même à mes copines qui me répondent: " oui mais moi je ne suis pas BD ". Je dirais: laissez-vous tenter.
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